Le développement psycho-sexuel de l’enfant de 0 à 6 ans

Stéphanie Agrain est sexothérapeute. Elle propose une approche bienveillante et positive de l’éducation affective et sexuelle.

Lors de notre rencontre, je l’ai interviewé sur les points suivants :

  • Pourquoi s’intéresser à la sexualité de nos enfants ?
  • Le développement psycho-sexuel de l’enfant de 0 à 2 ans (à 2minutes et 14 secondes)
  • Le développement psycho-sexuel de l’enfant de 2 à 4 ans (à 3 minutes et 25 secondes)
  • Le développement psycho-sexuel de l’enfant de 4 à 6 ans (à 4 minutes et 6 secondes)
  • L’apprentissage de la propreté : des conseils (à 8 minutes et 21 secondes)
  • La période exhibitionniste (à 11 minutes et 36 secondes)
  • Les premiers jeux sexuels : le jeu du Docteur (à 14 minutes et 51 secondes)
  • Paraphimosis : comment accompagner l’enfant ? (à 16 minutes et 32 secondes)
  • Abus sexuels, incestes : comment éviter ? (à 18 minutes et 32 secondes)

Bonne vidéo !

Si vous préférez la version texte, la voici,

Merci à Marie-France et Christian pour la transcription texte 😉

Merci à mon cousin pour l’appart 😉

PHEH : Bonjour, Bienvenue sur Parents Heureux Enfants Heureux. Je suis aujourd’hui en présence de Stéphanie AGRAIN, sexothérapeute et nous allons parler de sexualité pour les enfants.

PHEH : pourquoi les parents ont intérêt à s’intéresser à la sexualité de leurs enfants, à les accompagner ?

Stéphanie Agrain : ce dont je vais parler c’est ma vision des choses. La sexualité démarre à partir du moment on conçoit l’enfant, où l’enfant est dans notre ventre. Aujourd’hui on découvre avec les échographies que les petits garçons dans notre ventre ont des érections et qu’ils ressentent donc des sensations liées à la sexualité, au plaisir. Pourquoi attendre l’adolescence pour en parler aux enfants? Pourquoi est-ce qu’on tient la main à nos enfants lorsqu’ils commencent à apprendre à marcher ? Parce ce que c’est quelque chose qui nous paraît logique. La sexualité aujourd’hui peut être tabou sauf que nos enfants, aujourd’hui, ont besoin de ça.

Je pense que la sexualité est d’utilité publique parce qu’elle va permettre à nos enfants de se construire et d’être des adultes épanouis dans tous les domaines de leur vie.

PHEH : si on ne les accompagnait pas dans ce domaine, c’est comme si on les handicapait, il manque quelque chose.

Stéphanie Agrain : voilà, il manque la sexualité. La sexualité, ce n’est pas du sexe.

La sexualité c’est de l’affection, de l’amour, c’est le développement du plaisir, c’est la confiance en moi, c’est qui je suis dans mon identité. C’est tout ça la sexualité des enfants.

PHEH : La sexualité des enfants n’est pas la même que celle des adultes.

Stéphanie Agrain : ce n’est pas du tout la même chose. Ce qui est important pour moi aujourd’hui c’est :

Tout comme je vais te tenir la main lorsque tu vas commencer à faire tes premiers pas et je vais t’encourager après à les faire tout seul. La sexualité c’est pareil. Je vais t’encourager à découvrir ton corps et ensuite je vais te laisser faire tes propres expériences.

Je suis là, je serai toujours là. C’est ce dont les enfants ont besoin aujourd’hui.

PHEH : Pour les enfants de 0 à 6 ans, est-ce que tu peux nous rappeler rapidement le développement psycho-sexuel de l’enfant ?

Stéphanie Agrain : oui. Il va y avoir une première partie qui va aller de 0 à 2 ans qui va être la période où les enfants vont tout découvrir avec la bouche. Cette première partie de leur vie, l’enfant va mettre tous les objets à la bouche, c’est le moment de sa vie où il va découvrir son premier plaisir qui va passer par la bouche. Il y a des petites filles qui ont des orgasmes en prenant le sein de leur mère. Ce n’est pas tabou, c’est quelque chose qui est normal parce que l’enfant, à ce moment là, ressent du plaisir. Il est baigné d’ocytocine, il est baigné dans toutes ses hormones, il se sent bien, il se sent détendu, il découvre le plaisir à ce moment là.
De 0 à 2 ans ou de 0 à 1 an et demi. Il ne faut pas être figé sur l’âge. Ca va être la première partie qu’on a pu appeler l’oralité.

Ensuite on va passer à la période de 2 ans à 4 ans, ça va être la période où l’enfant va commencer à contrôler ses sphincters. En fait il va délocaliser sa zone de plaisir. Il va passer de la bouche à l’anus. C’est le moment où l’enfant va être conscient qu’il nous offre un cadeau et qu’il a cette possibilité, cette faculté à faire en sorte qu’on soit heureux face à lui ou pas. En fonction de la relation qu’on va avoir avec lui, l’enfant va pouvoir décider de se retenir ou de tout lâcher. Il y a vraiment un jeu.

PHEH : c’est l’âge de l’apprentissage de la propreté. En même temps est ce que pour les parents il y a des choses à faire ou à ne pas faire pour accompagner l’enfant pendant cette période là ?

Stéphanie Agrain : le plus important c’est de toujours aller dans le sens de l’enfant et, est-ce que tu as besoin que je sois à côté de toi ? Est-ce  que c’est ok pour toi là ? Est-ce que tu veux qu’on mette le pot dans les WC ? devant les WC ? Préfères tu que ce soit dans la salle de bain ? Pour moi, ne pas prendre l’habitude déjà de délocaliser le pot dans le salon. Pourquoi ? Parce qu’on est sur le développement psycho-sexuel de l’enfant. Si je montre à mon enfant qu’il est possible qu’il fasse caca au milieu du salon, au moment où je vais lui expliquer ce qu’est l’intimité et à quel moment il est juste et bon pour lui qu’il découvre son corps, il ne va pas comprendre pourquoi je mets l’intimité dans la chambre ou ailleurs. Le conseil que je donne en général aux parents c’est de mettre le pot où l’enfant se sent à l’aise. Il est à l’aise dans la salle de bain, dans les toilettes, à vous de faire en sorte qu’il soit à l’aise. De quoi as-tu besoin ? D’un livre ? On va cherche un livre. D’une chanson ? D’une musique ? Tu prends ton temps. C’est OK, on n’est pas pressé et si ça ne vient pas ce n’est pas grave, on y reviendra sur le pot. Il ne faut pas que ce soit une attente du parent de  » aller, aller, vas-y  » sinon ça veut dire que je mets l’enfant dans l’attente d’un résultat qui n’est pas juste et du coup l’enfant peut tout retenir et puis ça fait des adultes plus tard qui sont constipés chroniques et qui ont des gros problèmes d’hémorroïdes et parfois de vaginisme.

La sexualité que l’on a aujourd’hui adulte dépend de toutes ces périodes là de l’enfance.

Donc, c’est important. Il faut les accompagner avec ce que je suis moi. Je vais accompagner mes enfants d’une façon qui sera différente de la tienne et d’une façon qui sera différente pour les autres personnes.

C’est pouvoir prendre un moment et me dire  » qu’est ce que je sens moi par rapport à qui je suis, à mes valeurs et mes croyances ? Et je fais ce qui me semble juste et bon pour moi et juste et bon pour l’enfant « .

Le conseil qui revient à chaque fois que je donne c’est celui-là.

PHEH : Donc d’ abord sentir soi-même ce qu’on ressent ?

Stéphanie Agrain : Oui c’est ça. Qu’est ce qui est juste et bon pour moi là ? OK je vais aller dans cette direction là.

PHEH : par exemple, je me souviens que ma fille, à moment donné, a eu la période de ne pas vouloir changer la couche qui était pleine d’excréments et du coup je ne savais pas trop comment réagir et je disais  » bon elle ne veut pas, je ne vais pas la forcer”. J’ai attendu deux jours et après elle a demandé elle-même que je la change. Elle avait peut être quelque chose ? Que penses-tu de ce cas là ?

Stéphanie Agrain : l’enfant a besoin de sentir les choses. L’enfant sent qu’il s’est passé quelque chose dans sa couche et il a besoin de l’intégrer. Quand on fait un massage à quelqu’un on dit il faut toujours passer 3 fois, la première fois tu découvres, la deuxième fois le corps accueille, la troisième fois il enregistre. Pour les enfants c’est pareil. Elle veut rester avec sa couche, elle reste avec sa couche. De toute façon il y a un moment où elle va décider que ce n’est plus possible pour elle parce qu’elle va découvrir l’odeur, la sensation désagréable. Nous on se dit que ce n’est pas agréable parce qu’on sait ce que c’est.

PHEH : c’est plus gênant pour nous que pour eux.

Stéphanie Agrain : A partir du moment où elle va être dans la gêne de l’odeur, de ça commence à brûler, à gratouiller, elle va comprendre que ce n’est pas juste et bon pour elle, donc, elle va demander. C’est oser aussi laisser les enfants dans une forme d’autonomie, pour eux-mêmes.

PHEH : les laisser expérimenter jusqu’au bout.

Stéphanie Agrain : oui. je suis là. Si tu as besoin que je te change la couche je suis là. C’est mon rôle à moi de maman. Par contre si tu as envie de la garder, c’est ok pour moi, voilà.

PHEH : si on est ok. Donc on a vu 0-2 ans, 2-4 ans et 4-6 ans ?

Stéphanie Agrain : 4-6 ans, c’est l’explorateur. Ils partent à la découverte, à la découverte de tout. Alors ils partent souvent à la découverte du sexe opposé parce qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas le même sexe garçon et fille. Ils ont déjà exploré leur anatomie, ils ont déjà exploré leur corps, leur sexe et ils vont s’apercevoir qu’ils ont des compagnons, des copains, des copines qui ont un sexe opposé et alors là je vais découvrir donc j’ai besoin de toucher, j’ai besoin de tirer dessus, comme quelque chose que je découvre en fait. Si là je découvre pour la première fois des pompons car je n’en ai jamais vus, tu vois, je vais pouvoir les découvrir, sentir la sensation, le frotter contre mon visage parce que je découvre. Je n’ai pas du tout d’intention derrière si ce n’est que de découvrir et l’enfant est un inlassable découvreur. Il est dans la période où il part conquérir le monde du corps, du sexe opposé. Il a besoin d’être validé dans cette découverte là par le parent.

PHEH : et comment on valide ? En le laissant faire ?

Stéphanie Agrain : en le laissant faire et on saisit l’opportunité. On est attentif, on va regarder son regard qui va surprendre son papa ou sa maman qui sort de la douche peut-être et  » je vois que tu me regardes, peut-être que tu as une question à me poser ? Tu as remarqué que nous n’avons pas le même sexe ?  » C’est important. Pour moi on utilise les mots. On ne va pas parler de zizi, de foufoune, non.

Tu as une vulve, ton frère a un pénis. Tu as un vagin. Ton frère a des testicules. Maman a une vulve et un vagin, papa a un pénis et des testicules.

Il n’y a pas de zizi, de kiki, de foufoune. Pourquoi ? Quand on parle des poumons on ne va pas dire  » tu as des pou-pou , tu as des mon-mon « . Pour le sexe c’est pareil et les enfants adorent qu’on dise les mots. Pendant ce temps-là l’enfant va découvrir, on le laisse découvrir. Quand on le surprend en train de découvrir avec le frère, la sœur, le cousin, la cousine, le copain, la copine, on saisit ce cadeau là. C’est un cadeau que fait l’enfant aux parents en se permettant de vivre cette situation. Je vois que tu es en train de découvrir ton corps et de découvrir qu’en fait on n’est pas tous fait de la même façon et, du coup, si tu me permets, je vais t’expliquer ou si tu as des questions je peux y répondre et à partir de là si on pose ça à l’enfant qui a donc entre 4  et 6 ans, je peux t’assurer et je peux vous assurer parce que j’ai 2 enfants qui ont 17 et 12 ans et que je suis dans l’adolescence, qu’ils reviennent automatiquement après nous voir pour poser les questions à 14 et 17 ans.

Toutes les questions ils les poseront parce que à ce moment là on aura été là pour eux. Ok tu peux découvrir ton corps.

PHEH : Que faire face à un enfant qui découvre son corps et se touche en public voire même, va montrer, je me souviens ma fille qui venait montrer ses organes génitaux presque à table à ses grands parents : regardez comment je suis faite !

Stéphanie Agrain : c’est ça. Regardez moi. Je suis une petite fille. L’enfant qui va être exhibitionniste, les enfants ont cette période là, cherche à nous dire

–  » regarde mon sexe. Je suis quoi ? J’ai besoin que toi, mon parent, j’ai besoin que toi, la personne qui m’accompagne, me dise je suis quoi, me dise qu’est ce que c’est ?”

Donc on est dans cette période là.

– Effectivement tu as envie de me montrer quelque chose ? Tu es une petite fille. C’est chouette mais tu sais, du coup comment tu es faite ? C’est peut-être le moment qu’on en discute toutes les deux.

C’est un moment important parce que je vais expliquer à mon enfant comment il est fait. Alors, un enfant quand on lui parle c’est 3 phrases. Moi j’en ai fais déjà 400 mais un enfant c’est 3 phrases parce que à partir de la 4ème il ne sait plus.

– C’est super ma chérie tu es en train de me montrer que tu es une petite fille. On va prendre un moment toutes les deux là maintenant. Tu es une petite fille en fait, je sais que tu es une petite fille. On sait que tu es une petite fille. C’est super, est ce que tu connais ton sexe ? est ce que tu connais le nom des différentes parties de ton sexe ? Maman va juste te l’expliquer.

Le fait de faire ça, pour l’enfant, tu as déposé quelque chose. La période exhibitionniste est terminée. Il n’a plus besoin puisqu’il été reconnu. Ca c’est pour la période exhibitionniste.

Les enfants qui après vont découvrir leur corps en public, à table, pendant le repas de famille, c’est super, là aussi encore c’est un cadeau.

– Mon chéri, ma chérie, est ce que tu sais à quel endroit on se douche ?

– Dans la salle de bain.

– Chouette. Et sais-tu à quel endroit on fait pipi et caca ?

– Oui, dans les WC. Chouette. Et moi maintenant je vais te dire dans quel endroit tu vas pouvoir aller pour découvrir ton intimité, pouvoir découvrir cette partie de ton corps mais aussi cette partie là, tout ton corps, ça va être dans ton intimité à toi, dans ta chambre.

S’ils vivent à plusieurs dans la chambre, tu as un lit superposé ? Tu mets ne serait-ce qu’un voilage, quelque chose qui fasse que l’enfant se sente dans cet endroit dans son intimité, dans sa sécurité à lui et c’est dans cet endroit là que l’enfant va pouvoir découvrir son corps.

– Et c’est génial ma chérie de découvrir son corps, c’est génial mon chéri que tu découvres les plaisirs de ton corps. Ce n’est que le début.

Et ça suffit. L’enfant ne dit pas  » je fais quelque chose de mal ? Je fais quelque chose de bien ?” On verra les étapes d’après. On n’y est pas. On est juste sur le moment de : en public, là, devant tout le monde.

– Dans ton intimité à toi, c’est l’espace dans lequel tu peux te découvrir.

PHEH : quelle attitude adopter lorsque les enfants commencent à avoir les premiers jeux sexuels ?

Stéphanie Agrain : le Docteur, le plus vieux jeu que les parents ne nous apprennent pas et que pourtant on connait tous : quelle attitude adopter ?

PHEH : c’est le moment d’énoncer les règles ?

Stéphanie Agrain : oui, la règle des 3 trous : on n’insère rien dans un orifice quel qu’il soit. Alors on dit la règle des 3 trous mais en fait il y en a beaucoup plus : les oreilles, le nez, la bouche , l’anus. Les enfants adorent essayer d’insérer des choses dans l’anus à cette période là du docteur, tout comme ils vont adorer mettre le doigt dans leur nez et manger leurs crottes de nez, c’est normal. » Je joue au docteur pour aller découvrir tes constantes vitales au niveau de ton cœur et je vais aller voir si tes constantes vitales au niveau de ton pénis vont bien aussi « . C’est normal parce que ,pour l’enfant il n’y a pas de différence entre le cœur et le pénis. La différence c’est nous adultes qui allons la faire quand on va rentrer : » oh ! Qu’êtes vous en train de faire ? Vous jouez au docteur ? “  Alors je vais vous imposer une règle.

On ne met rien dans aucun trou c’est à dire le nez, tout le monde sait où est le nez, les oreilles, tout le monde sait où sont les oreilles.

On met de l’humour et de l’amour dans ce que l’on dit .

PHEH : On prend les occasions comme des cadeaux parce que c’est le moment de leur expliquer les choses sans avoir besoin de leur dire » attention, là maintenant c’est sexualité je vais vous expliquer».

Stéphanie Agrain : c’est ça. Tout est cadeau. Tout est signe, tout est cadeau et nos enfants sont là pour aussi nous faire travailler des choses personnelles. C’est ce qu’il ne faut pas oublier.

PHEH : je pensais à un autre cas. Un petit garçon qui a un paraphimosis et qui subit une intervention douloureuse et intrusive. Comment peut-on l’accompagner dans cet acte avant ou après ?

Stéphanie Agrain : avant ce sera toujours poser les mots en expliquant pourquoi on fait ça, qu’est ce ce que ça va lui apporter à lui. Après, au niveau des sensations, au niveau des douleurs , c’est des choses qu’il n’aura plus.

On explique à l’enfant qu’on ne lui enlève pas une partie de lui, que ça ne changera rien sur l’homme qu’il sera demain, sur le papa qu’il sera demain.

Parce que, mine de rien, en fonction de l’âge, il y a quand même ces inquiétudes là chez les petits garçons qui ne le disent pas et qui viennent après en consultation à 50 ans en me disant  » je pense que c’est depuis mon opération « . Là je comprends mieux  » vous avez l’impression qu’on vous a enlevé une partie de vous-même  » et ils reconnectent à leur virilité à 50 ans parce qu’on ne leur a pas expliqué à ce moment là. Donc, toujours expliquer à l’enfant , pas plus de 3 phrases , et ensuite on effectue les soins après et on laisse aussi à l’enfant la possibilité de s’approprier son pénis. En fonction de ce que tu vas décider de mettre en place, il y a des parents qui mettent de l’argile, d’autres qui vont mettre des crèmes conseillées par le chirurgien, chacun fait ce qu’il veut après pour tout ce qui est lié à la cicatrisation mais c’est important d’impliquer l’enfant .

– Je vais te laisser mettre la crème, tu as bien vu il faut en mettre tout autour pour t’aider à cicatriser . C’est ok pour toi ?  Veux- tu  que je sois près de toi ou est ce que c’est un moment que tu veux passer avec toi ?

Parce que c’est quand même  très intrusif mais je suis toujours là. Je peux rester dans la pièce et faire autre chose si tu veux.

PHEH : et les abus sexuels ? L’inceste ? Comment peut-on protéger nos enfants, les prévenir ?

Stéphanie Agrain : le premier abuseur de l’enfant ce sont les parents. Pourquoi ? Parce qu’on inculque à l’enfant  « 

– il y a Tata Odette, va faire le bisou à Tata Odette.

L’enfant ne veut pas, il n’a pas envie.

– Va faire la bise à Tata Odette, ça va lui faire plaisir.

L’enfant enregistre : je dois faire plaisir à Tata Odette, je vais faire la bise.

Quand l’enfant est face à un abuseur qui est souvent quelqu’un de l’entourage, l’abuseur va jouer sur la corde sensible du  » fais moi plaisir  » et l’enfant va se laisser abuser.

Le premier abuseur c’est le parent. A aucun moment on n’oblige un enfant à aller faire la bise à quelqu’un ou à aller faire un câlin. L’enfant n’est pas un distributeur de bisous. Si on a besoin de bisou, je suis autonome, je me fais des bisous je n’ai pas des enfants pour qu’ils viennent me faire des bisous, pour faire des bisous à la terre entière.

Donc déjà nous, en tant que parents, on n’oblige pas l’enfant.

ça ne veut pas dire que les enfants sont impolis ça veut juste dire que, peut-être ils peuvent trouver autre chose, dire bonjour avec la main, envoyer un bisou, peut-être ne pas dire bonjour la première fois.

PHEH : j’en connais qui disent  » moi je ne fais pas la bise « 

Stéphanie Agrain : oui, voilà. Il y en a de plus en plus et c’est bien parce qu’il y aura de moins en moins d’enfants qui vont être abusés parce que du coup je prends possession de mon corps, non je n’ai pas envie d’aller faire la bise à Tata Odette. Je n’ai pas envie voilà mais je veux bien lui faire coucou.

PHEH : ça leur apprend à dire NON et après on apprend à dire OUI .

Stéphanie Agrain : et, c’est en faisant ça qu’on va pouvoir, nous parents,accompagner l’enfant pour éviter ces abus là . On explique à l’enfant aussi qu’ il y a différents types de toucher. On montre à l’enfant : tu vois il y a le toucher agréable, on fait parler l’enfant. Si, par contre, j’arrive et je fais plus brutalement ce n’est pas agréable pour toi donc si ce n’est pas agréable pour toi, tu le dis quoiqu’il se passe.

Ecoute ce qui est juste et bon pour toi et si ce n’est pas agréable et si tu ne le veux pas et si dans ta tête il y a un NON tu poses le NON.

Là aussi on va encore mettre de côté les abus.

PHEH : Je te remercie Stéphanie. Il y aura d’autres vidéos, la suite pour les enfants de 6 à 12 ans et encore celle pour les ados donc abonnez vous à notre chaîne YouTube Parents Heureux Enfants Heureux pour recevoir la suite et vous pouvez également télécharger mon guide  » un outil miracle pour des enfants et parents épanouis » en cliquant sur le “i” en haut à droite de l’écran. A très bientôt.

Lectures recommandées pour aller plus loin sur le sujet : cliquez ici pour voir mes commentaires sur ces livres.


Site de Stéphanie Agrain : http://www.sarae.info/

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5 commentaires


  1. merci beaucoup
    pour cette vidéo ultra précise et éclairante!

    Répondre

  2. Chouette article.
    Merci pour les petits « trucs et astuces », les petites phrases toutes simples auquelles nous n’avons pas toujours recours lorsque nous sommes pris-es au dépourvu par une situation innatendue.
    Je tique juste sur les affirmations « Tu es une petite fille/ un petit garçon. »…
    Alors que peut ressentir un enfant qui ne se reconnait pas dans son genre face à une telke affirmation de ses parents (détenteurs de tant de vérités). Sujet délicat, mais qui mérite d’être reconnu tout de même.
    Pourquoi ne pas nous en tenir à « Tu as un sex féminin, une vulve, un vagin/ un sex masculin, un pénis, des testicules. » ? Plutôt que de définir un genre normatif qui n’a pas été consciemment choisi par l’intéressé-e..?

    Répondre

    1. Merci Noémie pour cette question. Stéphanie et moi pensons qu’il y a des subtilités dans tout. Si cette façon de dire vous correspond mieux, c’est juste, allez-y, c’est vous qui le sentez.
      De notre coté, nous pensons que les enfants ont besoin de savoir s’ils sont un garçon ou une fille, ils ont un besoin d’appartenance à un groupe. On peut préciser qu’ils sont des être humains avec un pénis et des testicules mais dans la vie de tous les jours on leur parle de garçons et de filles.
      Peut-être pourrions nous mixer les deux ensemble ?
      Le domaine de la sexualité est en pleine construction, toutes les couleurs et idées de chacun et de chacune sont bonnes à prendre.

      Répondre


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