Vivre un deuil et grandir

PEPS est un magazine de référence dédié à la parentalité positive. 68 pages trimestrielles, une bonne dose de peps pour nous aider au quotidien à accompagner petits et grands avec bienveillance en nous donnant des pistes multiples. On y trouve des astuces, des idées, des infos, des expériences pour aider les enfants à devenir eux-mêmes, à centrer notre vie de famille sur la joie de vivre.

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Peps est un savant mélange vitaminé de chroniques, articles approfondis, études scientifiques, BD, interviews, témoignages…. Une mine d’astuces, une source pour se recharger en énergie, une large offre de pistes de réflexion pour vivre une vie de famille épanouissante, créative, riche, stimulante.

Le dossier du dernier numéro (hiver 2015) est “vivre un deuil et grandir”.

On y trouve de nombreux témoignages comme :

– accompagner le deuil

– quand la mort surgit au sein de la famille,

– le deuil de ce qu’on n’a pas eu,

– la fin de vie, entre soins palliatifs et euthanasie,

– un hospice pour enfants en fin de vie à Berlin…

Mais aussi page 34 mon propre témoignage :  Deuil et respiration holotropique

J’ai souhaité faire bénéficier à mes lecteurs et lectrices de mon article. Si le sujet vous intéresse et si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez vous procurer le numéro 13 de PEPS sur le site Pepsmagazine au prix de 9,50€.

 

Deuil et respiration holotropique

J’ai perdu des jumeaux, Marc et Edouard, à quatre mois de grossesse. Ils étaient atteints d’un syndrome transfuseur-transfusé et une opération intra utérine avait été tentée en vain. Après cette expérience très douloureuse, j’ai été accompagnée psychologiquement et spirituellement. J’ai pu ainsi continuer mon chemin et avoir un autre enfant dans de très bonnes conditions. Je me figurais ces jumeaux Marc et Edouard (leur donner un prénom a fait partie du processus de deuil) comme deux étoiles protectrices de ma famille. Maintes fois par jour, je leur exprimais ma reconnaissance. Je pensais alors avoir fait le deuil de ces enfants.

Quatre ans plus tard, sans attente particulière, je m’inscrivais à un stage de respiration holotropique, une méthode d’auto exploration  développée par  Stanislav Grof,  psychiatre américain et  chercheur mondialement reconnu pour ses travaux innovateurs sur la conscience humaine. La technique combine une respiration profonde amplifiée avec des musiques spécifiques et un travail corporel élevant de manière très importante les niveaux d’énergie physique et psychique. La respiration active l’inconscient et les mémoires corporelles.

Lors de cette pratique de groupe, je suis très rapidement rentrée en transe et mon corps s’est mis à bouger énormément. Je ne cherchais pas à le contrôler. A quatre pattes, j’ai hurlé à la mort. Spontanément, une autre personne du groupe a répondu à mes hurlements.

J’avais l’impression d’être un fauve de la savane rugissant pour ses bébés perdus.

Ma détresse était plus forte que tout et je laissais aller cette émotion brute et violente, sans chercher à interpréter, sans me juger. J’entendais l’autre fauve répondre à mes cris et c’était comme une permission à hurler de plus belle.

Face à cette rage, les thérapeutes m’ont donné des draps sur lesquels j’ai tiré de toutes mes forces. Je tirais avec mes bras, mes jambes, avec tout mon corps. Je hurlais, j’étais vraiment enragée. La thérapeute m’a engagée à « dire des mots » et j’ai répondu spontanément et en découvrant moi-même la réponse :
– Je veux mes bébés !
– Tu vas les retrouver en rentrant à la maison.
– Non, ils sont morts, ils me les ont pris !
– Qui les a pris ?
– Les docteurs. Ils m’ont pris mes bébés. Ils n’avaient pas le droit !

Et j’ai continué à me débattre, enragée comme une forcenée jusqu’à épuisement total.

Je me suis couchée en position fœtale et, deux coussins dans les bras, à bout de force, j’ai pleuré, pleuré, pleuré.

Entrainée par une musique orientale, je me suis levée et j’ai dansé.

La vie renaissait en moi.

Depuis lors, Marc et Edouard ne sont plus dans ma tête mais dans mon cœur. Je ne pense plus à eux en permanence. Ils font partie de mon histoire mais plus de ma vie quotidienne. C’est comme si je m’étais libérée tout en les libérant.

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Alexandra

3 commentaires


  1. Alex,

    Que de beaux articles, un petit moment de plaisir pour toutes ces lectures.

    Répondre

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