Céline Alvarez et neurosciences font-elles bon ménage ?

Eric Gaspar, prof de maths, fondateur du programme Neurosup (mariage  des découvertes en neurosciences et des sciences de l’éducation), auteur du livre Explose ton score au collège répond à la question :

Céline Alvarez et neurosciences font-elles bon ménage ?

Cette vidéo est la 3ème/4 d’un interview réalisé auprès d’Eric Gaspar.

Bonne vidéo !

La version texte si vous préférez (Merci à Christian et Marie-France pour la transcriptionClignement d'œil )

PHEH : as-tu suivi l’expérience de Céline Alvarez qui a travaillé sur les méthodes Montessori à Paris et qui avait une école pilote à Gennevilliers qui s’est arrêtée ; le projet a été stoppé. Est-ce que tu as suivi ça ? Est ce qu’on est bien sur l’utilisation des connaissances que nous apporte la neuroscience ?

Eric Gaspar : absolument. Céline Alvarez a produit une méthode qu’on pourrait qualifier de mélange de Montessori et des découvertes en neurosciences. Elle a réactualisé la méthode Montessori c’est à dire, elle le dit elle-même, elle a fait prendre conscience à ses élèves de maternelle et leur a fait  prendre une avance d’un an et demi en moyenne sur la lecture par rapport aux autres enfants. Elle est parfaitement dans l’air du temps. Elle a même passé une évaluation du Ministère de l’Education Nationale qui prouvait que, effectivement, sa méthode marchait. Elle a reçu le soutien du neuroscientifique le plus connu en France qui s’appelle Stanislas Dehaene qui s’est intéressé aux neurones de la lecture et qui a montré la supériorité de la lecture syllabique, le b-a-ba sur la méthode semi-globale ou globale qu’on enseigne depuis des années, non pas que la méthode semi-globale ou globale massacre un élève, ce n’est pas le cas, mais qu’en fait, ça lui fait prendre du retard à peu près là aussi, d’ un an, un an et demi parce qu’on s’aperçoit que, au bout de quelques années, l’enfant qui a bénéficié de la méthode de lecture globale ou semi-globale se met à raisonner, à activer des zones du cerveau qui sont les mêmes que ceux qui ont appris par le b-a-ba . Donc, en fait, ils finissent, tous, par activer les mêmes zones du cerveau qui est la méthode syllabique.

PHEH : il y en a qui réussissent plus tôt que les autres.

Eric Gaspar : si vous commencez par la méthode syllabique vous gagnez un an, un an et demi.

PHEH : est- ce que, en parlant de ça, les expériences de Céline Alvarez, c’était sur des enfants de maternelle ? Toi, tu travailles sur des enfants de lycée, est ce que les neurosciences c’est quelque chose qui est spécifique pour les adultes ? Est-ce que pour les plus jeunes enfants ça s’applique ? Les tous jeunes enfants ? Les nourrissons ? Est ce qu’il y a des choses à retenir ou c’est vraiment axé sur l’apprentissage scolaire ?

Eric Gaspar : non pas du tout, c’est axé sur la totalité des domaines de la vie parce que le cerveau fonctionne de la même manière du début de la vie jusqu’à la fin de la vie. On pourrait toujours détailler en disant qu’il y a par exemple une plasticité cérébrale, c’est à dire une capacité du cerveau à configurer son architecture interne qui est maximale à l’adolescence, donc ça explose dans tous les sens, on le sent bien, on le voit bien et puis ça se calme quand on est adulte. C’est tout simplement que les neurones continuent à se connecter ou à se déconnecter mais de manière moins pléthorique. Toutes les différences que l’on croit voir dans le fonctionnement du cerveau entre les âges, les neurosciences ont tendance à les niveler en disant  » non, non pas du tout, c’est juste une question de degré  » comme par exemple, le nombre d’informations que l’on peut retenir en moyenne simultanément quand on est adulte est de 7 ; quand on est enfant il est plutôt de 4 ou 5 mais, malgré tout, on les retient de la même manière. Le défi pour le parent est surtout de savoir de quelle manière lui présenter une connaissance sur le cerveau sachant qu’ il est déjà fasciné par le cerveau en lui-même mais qu’il faut le rassurer sur ce qui le déstabilise en lui expliquant que tout ceci est normal et ensuite trouver un biais qui est suffisamment ludique ou original.

PHEH : pour les apprentissages : éviter le stress si je comprends bien, du plaisir si c’est possible et puis, on en revient toujours aux notions d’observation parce que l’adulte peut avoir cette connaissance. S’il est formé il est capable d’identifier une difficulté et s’il connaît les différentes méthodes il va pouvoir orienter l’enfant pour l’aider finalement, pas pour le faire à sa place mais pour l’aider.

Merci au Festival pour l’école de la vie et notamment à Julien Péron qui ont permis la rencontre Clignement d'œil

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