Neurosciences et éducation bienveillante et positive riment-elles ?

Il a une conviction : l’échec scolaire n’est pas une fatalité !

Il a transmis cette pensée, fondée sur les neurosciences à des milliers d’enseignants.

Eric Gaspar est fondateur du projet Neurosup, prof de math et auteur du livre Explose ton score au collège.

Nous l’avons interrogé sous la forme de 4 courtes vidéos (moins de 7 minutes chacune)  :

Eric Gaspar et neurosciences pour faciliter l’apprentissage.

Neurosciences et éducation bienveillante et positive riment-elles ?

Céline Alvarez et les neurosciences font-elles bon ménage ?

– Une astuce pour stimuler l’attention et la concentration.

Et un bonus pour les Profs qui se bougent !

Cette vidéo est la deuxième de la série. Bonne vidéo !

La transcription texte si vous préférez (Merci à Marie-France et Christian!)

PHEH : pour les parents qui s’interrogent sur l’éducation des enfants, qui peuvent avoir des difficultés, aujourd’hui on parle souvent de l’éducation bienveillante, notamment de la sécurité émotionnelle. Est-il vrai que les neurosciences rejoignent ce que certains auteurs psychologues comme Maslow par exemple, qui appuyaient sur l’importance de la sécurité émotionnelle pour apprendre, est ce que finalement les neurosciences qui sont plus récentes que ça, l’imagerie c’est il y a une dizaine d’années mais ça a commencé avant, est ce que ça rejoint ce courant de psychologie et de communication bienveillante par exemple ?

Eric Gaspar : Oui. Actuellement on est à un carrefour où les avancées en neurosciences rejoignent les données de base des psychologies dites bienveillantes ou pédagogie positive parce que on a eu la preuve, en neurosciences, que les émotions jouaient un rôle crucial dans les apprentissages et que ça pouvait être extrêmement positif parce que, justement, parce qu’on a vécu un très bon moment, on se souviendra de ce qu’il y avait dedans et parce qu’on a vécu un mauvais moment, on se souviendra aussi de ce qu’on a eu dedans mais, soit pour l’éviter, pour éviter de le revivre, soit on se dira  » bon je ne veux plus en entendre parler » et ce sera notre manière d’essayer de l’oublier et de surcroît, les neurosciences, sans rentrer dans les détails, ont montré qu’ un événement, où il y avait une émotion, était cristallisé sous la forme d’un souvenir dans le cerveau beaucoup plus vite que par répétition par exemple, ou par explication, on va dire académique, c’est à dire qu’il suffit en fait que l ‘enfant découvre quelque chose sinon par lui-même en tous cas avec quelqu’un à côté mais dans une bonne ambiance, l’émotion va créer une combinaison avec la connaissance et tout cela va être stocké et toujours, sans vouloir rentrer dans les détails, il faut savoir que selon un modèle parmi d’autres, mais qui est le plus connu et qu’on appelle le modèle MacLean pour le cerveau, le cerveau est constitué de trois couches supérieures qui communiquent entre elles. Une couche qui s’appelle le cerveau limbique et qui gère les émotions qui est prioritaire sur le cortex, siège  du raisonnement,  ce qui explique pourquoi, quand on est enfant dans une classe où le courant passe mal avec le professeur, le courant va mal passer aussi avec la matière qu’enseigne le professeur parce qu’il y a priorité à l’émotionnel  et de la même manière, entre parents et enfants, si il y a obligation de faire quelque chose qui est normalement pour le bien de l’enfant il va y avoir un frein tout naturel du cerveau. Le savoir, quand l’enfant sait que ce sont ses émotions qui ont priorité sur son raisonnement, il peut se dire avec l’âge et avec l’aide de ses parents : » soit je me laisse aller à mes émotions parce que, un, c’est plus important et deux, il n’y a pas de conséquence négative, soit, au contraire, il est capable de se dire ( je pense par exemple à ceux qui font du sport et qui joueraient au tennis et qui seraient capables de dire : là je suis en train de stresser mais je sais que c’est mon cerveau limbique qui est en train de m’envoyer tout un tas d’hormones dites de stress donc, ce que je vais faire pour le contrer , parce que je veux gagner mon match, c’est que je vais me mettre dans des situations de réussite. C’est ce que font les joueurs de tennis en s’essuyant le front à l’aide d’une serviette ou en faisant rebondir la balle avant de servir. A ce moment-là, puisqu’on est en situation de réussite, le cerveau limbique arrête de développer ces hormones de stress et donc on peut, le joueur de tennis en l’occurrence, se remettre à penser stratégie et donc ça c’est très symptomatique du pouvoir qu’a la connaissance sur les émotions. C’est intéressant de savoir que ce sont elles qui sont prioritaires, que parfois elles nous servent et parfois nous desservent, mais qu’il y a une possibilité de revenir à quelque chose de plus calme. Il y a des courants qui vont vers la sophrologie ou la relaxation en disant « respire, calme toi etc, etc… » Les neurosciences, elles, sont plus académiques. Elles disent simplement  » mets toi dans une situation de réussite habituelle, en automatisme, quelque chose que ton cerveau maîtrise parfaitement et, tu verras, sans faire plus d’effort de relaxation, tes taux d’hormones de stress baissent » et tu peux réfléchir tranquillement.

PHEH  ça veut dire que  l’émotion est toujours prioritaire mais il ne s’agit pas de couper l’émotion parce qu’on n’y arrivera pas. La méthode à l’ancienne qui était à la dure, finalement on s’est bien aperçu que ça ne marchait pas très bien. Là, c’est confirmé. Il faut juste trouver des stratégies pour contourner ou calmer l’émotionnel et ensuite réussir à poursuivre l’apprentissage.

Eric Gaspar : c’est exactement ça.

Un grand MERCI au Festival pour l’école de la vie , et en particulier à Julien Perón qui a permis la rencontre 😉

Le livre d’Eric Gaspar :

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