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Rater ses études, une aubaine ?

Olivier Roland

Une super vidéo qui ouvre des portes pour les parents et ados en quête d’éducation et d’orientation ! Attention, cette vidéo et le livre dont on parle tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études s’adressent aux enfants et parents rebelles intelligents!

Bienvenue sur Parents Heureux Enfants Heureux. Aujourd’hui, j’interviewe Olivier Roland qui sort un livre qui s’appelle ” tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études, un livre passionnant pour les gens qui se posent des questions sur l’éducation. Olivier est bientôt un auteur à succès, un blogueur important en France et en Francophonie donc son témoignage est passionnant d’autant qu’il n’a pas passé le BAC et qu’il était un élève pas terrible-terrible. Il est vraiment une référence de l’entreprenariat.

Bonjour Olivier et ravi de t’avoir avec nous sur la chaîne de Parents Heureux Enfants Heureux pour parler de ton livre qui s’appelle ” tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études“. C’est un peu provoc , non ?

Olivier Roland : oui. C’est ce qui fait un bon titre, ça attire l’attention.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : le livre sort dans quelques jours et j’ai pu en lire les bonnes pages, du moins quelques extraits et nous allons en discuter. C’est un livre assez volumineux qui fait plus de 500 pages et qui traite de l’éducation, de deux grandes parties de l’éducation, et de la création d’entreprise. C’est un livre hyper concret avec beaucoup d’études scientifiques, de références théoriques et d’appels à l’action afin que les gens changent et aillent vers une vie meilleure. Comme notre blog est consacré à l’éducation nous parlerons de la première partie mais également de la deuxième.

Olivier Roland : peut-être veux tu que je te donne les trois grandes parties du livre ? La première partie est une critique du système éducatif, pourquoi il est obsolète et pourquoi il est vain de le réformer. La seconde partie est : comment hacker sa propre éducation en boostant son intelligence, en apprenant à apprendre et en développant sa volonté. La troisième partie est   comment créer une entreprise qui soit au service de sa vie plutôt que sa vie soit au service de son entreprise.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : sur la première partie j’avais envie de te poser la question : est ce que vraiment, toi, tu as raté tes études ou est- ce que, plutôt, tu as abandonné tes études pour pouvoir te consacrer à une entreprise ?

Olivier Roland : en fait j’ai choisi de rater mes études dans le sens où j’ai vraiment choisi de quitter l’école à 18 ans pour créer ma première boîte à 19, et je l’ai fait aussi parce que je me sentais vraiment étouffé dans le système scolaire et que, à l’époque, j’étais très démotivé, en situation d’échec.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : c’est important. Tu n’es pas un ancien très bon élève qui a dit : moi je suis capable de ne pas passer mon BAC et je vais créer mon entreprise directement. Tu étais vraiment en situation d’échec et de mal être à l’école.

Olivier Roland : complètement

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : tu expliques que le système éducatif est soit inadapté soit inefficace. Est ce que ce constat vient de ta propre expérience ou est ce que ce sont des lectures, des études qui te font dire ça ? Quelle est l’origine de ce constat ?

Olivier Roland : le livre est gros, il y a aussi plus de 500 pages comme tu l’a dis et il y a aussi plus de 400 références scientifiques. J’ai voulu certes m’appuyer sur mon expérience pour montrer que ce dont je parle dans le livre est possible, aussi sur l’expérience de centaines d’entrepreneurs, mais je ne voulais pas tirer les choses de mon chapeau et c’est pour ça que j’ai tenu à ce que beaucoup de ce que je dis soit appuyé par la science de recherches sérieuses. J’ai eu jusqu’à  4 assistants de recherche qui ont travaillé avec moi pour trouver justement des références scientifiques qui parsèment littéralement le livre donc, tout ce que je raconte sur l’école est non seulement le fruit de mon point de vue mais aussi de recherches qui parfois d’ailleurs ont remis en cause certaines des conceptions que j’avais de l’école.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : on parle de l’école française ou c’est quelque chose de plus international ?

Olivier Roland : j’ai mis un coup de loupe particulier sur l’école française mais j’ai quand même regardé un petit peu ce qui se passait ailleurs notamment en Suisse, en Belgique, au Québec et aussi aux USA et de manière générale aussi en Europe, sans pouvoir zoomer aussi précisément que sur la France, parce qu’après il faut quand même qu’on choisisse le niveau de détails. C’est globalement une critique du système éducatif occidental à travers l’exemple notamment de la France et des autres pays francophones.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : tu expliques donc que le système n’est pas forcément adapté ; peut-on avoir espoir que ça change ?

Olivier Roland : justement, mon point de vue c’est que le système éducatif a une inertie tellement gigantesque qu’il est vain d’attendre qu’il se réforme. Le propos de mon livre n’est pas de dire, comme tu l’as souligné, le titre est provocateur ce qui fait un bon titre, qu’il faut brûler les écoles et qu’ il faut  abandonner les études absolument, ce que je dis, c’est qu’il faut arrêter de voir le système éducatif comme une sorte de vache sacrée intouchable qu’on n’a pas le droit de critiquer et qu’il est important de voir les limitations du système pour pouvoir justement les cautionner par soi même, je dis par soi même, parce que, ce que je propose dans mon livre, ce n’est pas une révolution, c’est plutôt une approche qui met l’individu au centre de tout. C’est donc à l’individu, à chaque personne, de mettre en place son propre plan pour contourner les limitations du système parce qu’il a une inertie tellement grande que, le temps que ça se réforme, il sera déjà trop tard pour toi. De toute façon, le monde avance à une vitesse tellement rapide que, même si l’école arrive à se réformer, elle aura toujours un temps de retard ; elle va toujours se réformer pour un truc qui n’existe plus, ou pas de la même manière, donc c’est important de prendre ça en compte et d’avoir soi même l’état d’esprit nécessaire pour apprendre les compétences que l’école ne peut pas apprendre et je le prouve par a + b dans ce livre. Par exemple en 1986 tu as eu 50 scientifiques américains qui ont écrit un article dans lequel il disait, en gros, mais pourquoi l’école n’utilise pas la répétition espacée dans son système d’apprentissage ? parce que la répétition espacée c’est la méthode scientifique d’apprentissage qui est la plus prouvée, ça a été prouvé, reprouvé et re- re prouvé pendant des décennies et c’était en 1986 ; 30 ans plus tard on en est toujours au même point, la répétition espacée n’est toujours pas utilisée à l’école, ça te montre un petit peu l’inertie et les neuroscientifiques, de manière générale, sont assez nombreux à dénoncer régulièrement que les découvertes dans leurs domaines, notamment au niveau de ” qu’est ce qui fonctionne  dans l’apprentissage ? ” ne sont pas appliquées à l’école. Il y a des gens qui parlent même de barrière étanche entre les neurosciences et l’école.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : Même, si on va plus loin, tu parles dans ton livre des écoles Montessori par exemple ; Montessori c’était il y a un siècle….

Olivier Roland : C’est énorme. Je peux te donner l’exemple d’un système éducatif alternatif qui remonte au début du XIXème siècle et à qui on avait coupé les vivres parce qu’on estimait que ça remettait en cause leur establish (je pourrais t’en parler après justement), c’est  très intéressant et ça remonte à très loin. En fait, on peut parler de choses concrètes dont l’école manque, mais aussi des problèmes de sa philosophie sous-jacente qui fait qu’elle forme des individus d’une manière qui se prête de moins en moins à ce dont la société a besoin.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : Est ce qu’il y a des conditions pour réussir à faire autrement, les parents qui s’interrogent ou qui regardent ces vidéos et qui se disent tiens c’est vrai que l’école, les enfants, c’est difficile pour eux. Est-ce ce que c’est justifié ? Est ce qu’il y a des conditions, quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour se lancer dans une telle démarche qui, souvent, est difficile parce que ça remet beaucoup de choses en cause dès qu’on considère son propre passé et la façon dont nos parents nous ont éduqués.

Olivier Roland : ce livre n’est pas fait pour tout le monde. Ce livre est fait pour les rebelles intelligents. Le sous-titre est” comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système”. Je m’adresse aux gens que j’appelle les rebelles intelligents. Qu’est ce qu’un rebelle intelligent ? C’est quelqu’un qui ressent au fond de lui un appel à autre chose, qui ressent un appel à faire autre chose que le classique métro, boulot, dodo. Passe le plus gros diplôme que tu puisses avoir, fait du métro, boulot, dodo, pendant 40 ans et puis profite de la vie à la retraite. Ça ne s’adresse pas à tout le monde, il y a des gens qui ont besoin d’une structure, d’un système rassurant et qui, finalement, ont besoin d’être guidés. On a tous besoin d’être guidé. Ce n’est pas là la question. C’est plutôt, à quoi on aspire en tant que réalisation personnelle dans sa vie. Pour les parents qui s’inquiètent par rapport à leurs enfants je pense qu’il est important d’avoir une bonne conscience des limites du système éducatif aujourd’hui parce que personne ne va dire aux enfants justement, va donner des pistes aux enfants pour dépasser ces limitations mis à part les parents dans la majorité des cas. Donc, les parents, en ayant conscience des tares du système éducatif, peuvent justement les pointer à leurs enfants sans pour autant diaboliser l’école, aussi en leur expliquant ce qu’il y a de bien et essayer de les inciter à contourner ces limites par eux-mêmes voire, peut-être, leur donner des cours complémentaires à leurs enfants en fonction de ça. On parlait de MONTESSORI. Effectivement  c’est une pédagogie qui tient le vent en poupe depuis déjà un moment mais le gros problème, d’après ce que j’ai pu voir, il s’agit d’une pédagogie qui est plutôt plus adapté au XXI ème siècle mais le problème évidemment c’est que les écoles MONTESSORI sont extrêmement rares et que c’est donné à une petite partie de la population de pouvoir mettre ses enfants dans ce genre d’école. Donc, quand on regarde le choix que peuvent faire la plupart des parents, malheureusement ils n’ont pas le choix à part de mettre leurs enfants dans un système classique donc il faut faire avec et essayer de dépasser les limites au sein de la famille.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : les écoles MONTESSORI sont rares mais aussi elles sont très chères.

Olivier Roland : c’est une population assez élevée qui peut se permettre ça. C’est dommage. J’ai un cours paragraphe dessus. Le livre est déjà gros donc je ne me suis pas étendu sur les écoles MONTESSORI parce que pour moi ça reste assez marginal aujourd’hui mais j’en ai quand même parlé parce que c’est intéressant mais le problème c’est que ce n’est pas assez répandu.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : une des craintes que peuvent avoir les parents c’est le diplôme et je crois que tu en parles bien puisque il y a ton exemple bien parlant. Le diplôme en France est une institution, c’est sacré le diplôme à la différence de certains pays comme les USA par exemple, est ce que c’est, soi l’un soit l’autre ? Comment gères tu ça parce que je crois que tu n’as pas eu ton BAC par exemple ?

Olivier Roland : Moi j’adore dire que j’ai un Bac moins 2 et encore une fois je ne dis pas qu’il faut brûler les écoles ou qu’il faut quitter ses études, je revendique, les méthodologies que je donne finalement c’est prendre toujours des risques mesurés surtout lorsqu’on crée son entreprise. On croit souvent que les entrepreneurs à succès sont des espèces de kamikazes qui mettent le bandana autour de la tête, un couteau entre les dents et qui foncent dans le tas puis ils brûlent leurs vaisseaux derrière eux comme ça, soit ils meurent soit ils gagnent. En général ce n’est pas ça. Les entrepreneurs en général prennent des risques  mesurés et c’est la même chose dans toutes les stratégies que je partage dans le livre et j’en parle explicitement et je pense que généralement c’est une bonne idée de passer son Bac parce que ça permet d’avoir ce fameux diplôme qui ouvre les portes à d’autres études si jamais on devait avoir besoin d’un plan B. C’est quelque chose à prendre en compte. Dans la deuxième partie je donne énormément de méthodes techniques encore une fois scientifiquement prouvées pour permettre aux gens de hacker leur éducation, d’être plus efficace à l’école parce que, quitte à être dans un système même si on ne l’aime pas, autant faire ça de manière le plus efficace possible pour en être débarrassé le plus rapidement possible. Au delà de ça ce que je dis aussi, une des meilleures manières, parce qu’aujourd’hui le diplôme il y a une véritable surenchère des diplômes, j’en parle notamment dans la première partie, tu as une inflation des diplômes, on demande presque au caissier d’avoir un Bac +5, j’exagère un peu mais c’est ça. Ca a été prouvé et le jeune le voit de plus en plus. On est dans un monde où les gens devront être de plus en plus surqualifiés par rapport au boulot qu’on leur propose et c’est une sorte de cycles qui s’enchaînent sans contrôle au point même que certains parlent de bulle éducatif comme on pourrait parler de bulle boursière ou de bulle immobilière c’est à dire que tu as une sorte d’inflation sans véritable réflexion des diplômes qui perdent intrinsèquement de plus en plus leur valeurs et c’est un véritable problème et les jeunes le sentent parce que un diplôme sanctionne moins les connaissances et que c’est juste un sésame pour pouvoir aller à un entretien d’embauche. Tout simplement. Je pense qu’il y a de plus en plus de recruteurs qui en ont conscience et il y a de plus en plus de jeunes malheureusement qui s’en rendent compte mais trop tard. Je donne l’exemple d’une femme qui s’appelle Caroline que je connais très bien (chapitre I) et qui explique qu’elle avait dépensé 15 000 € pour être dans une école de commerce prestigieuse en France avec un beau bac +5 en commerce et elle pensait que plein de portes allaient s’ouvrir et finalement les seules portes qui se sont ouvertes c’étaient celles d’une grande enseigne de la distribution qui l’a embauché comme hôtesse de caisse à mi temps pour un smic horaire. C’est comme ça qu’elle a démarré sa carrière. Elle est passée ensuite vendeuse en rayons ce qui lui permettait, dans les bons mois, de gagner 1500 € brut. C’est un cas isolé mais les chiffres montrent qu’il y a des milliers de personnes comme elle à qui on a fait miroiter de choses géniales en passant des études longues mais malheureusement, de plus en plus souvent, ça s’avère être plutôt des citrouilles que des carrosses. Donc pour répondre à ta question c’est quelque chose de complexe. Il faut prendre conscience qu’il y a cette bulle éducative de plus en plus forte, qu’on demande de plus en plus un diplôme qui ne sert à rien pour des gens surqualifiés à qui on va faire des choses et par contre il y a un moyen de réussir dans la vie où on ne va jamais demander le diplôme sauf en quelques secteurs encadrés comme les notaires ou les médecins c’est l’entreprenariat. Quand on crée une entreprise, on ne va pas demander les diplômes, les gens s’en foutent complètement et ce qu’ils veulent voir, et c’est ça qui est génial, c’est que ça squeeze énormément de préjugés et de discriminations notamment raciales ou envers les sexes parce que les gens, dans une entreprise, les gens n’achètent pas un diplôme, ils achètent un service,  ils achètent un produit. Tout ce qu’il demande c’est que le service et le produit soient bons. Si on est capable de faire un bon produit et un bon service sans diplôme jamais personne ne va embêter par rapport à ça. J’ai un Bac -2, j’avais une boîte de prestations informatiques, j’allais dans les grosses boîtes, j’ai travaillé avec Peugeot, j’ai développé des logiciels avec eux. Ils ne m’ont jamais demandé mes diplômes. Ce qui est marrant c’est que, eux, quand ils recrutaient en interne ils faisaient attention aux diplômes de ceux qu’ils recrutaient mais, moi, quand ils ont pris ma boîte, (j’ai travaillé pendant plus de 5 ans avec le Peugeot de ma région notamment), ils ne m’ont jamais demandé de CV. C’est ça qui est génial en fait. Je ne sais pas pourquoi il y a une sorte de magie qui fait que lorsque tu as une boîte on te juge sur les résultats et non pas sur des bouts de papier. C’est un très bon moyen dans l’entreprenariat de squeezer ce genre de discrimination et du coup d’exploser la bulle éducative.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : D’autant qu’il y a un coût au diplôme, c’est le fameux coût d’opportunité qui est très utilisé en économie.

Olivier Roland : Mais oui, ce qui est fou c’est qu’on ne parle jamais de ça aux gens. Qu’est ce que le coût d’opportunité ? Là je prends l’exemple de Caroline. Elle a bossé 5 ans pour avoir un Bac+ 5 en commerce ensuite elle est passée hôtesse de caisse puis vendeuse. Avec un Bac +2 elle aurait pu faire la même chose. D’ailleurs c’est ce qu’elle dit.  Elle dit : «  je ne parle pas des connaissances que j’ai acquises pendant 5 ans, c’est proche de 0 ». Elle a fait 3 ans d’étude en trop, c’est 3 ans pendant lesquelles elle n’a pas travaillé, pendant 3 ans elle aurait pu toucher un salaire, investir, commencer à acheter un appartement. Ces 3 ans qu’elle a passé à étudier en plus non seulement ne lui ont pas donné de salaire mais en plus elle a gagné 3 ans de salaire en moins. Elle a eu 3 ans d’ancienneté en moins. Elle a eu 3 ans de moins pour des opportunités pour progresser. Tout ça a un coût que les gens ne chiffrent jamais. L’OCDE s’est quand même attaché à essayer de quantifier ça et les chiffres qu’il donne sont assez effrayants. Tous les ans ils sortent un rapport qui s’appelle ” regards sur l’éducation ” qui est très intéressant et dans lequel ils s’attachent à essayer de voir en fait ce que rapporte concrètement en terme de ROI un diplôme plutôt qu’un autre et ce, dans tous les pays développés donc c’est quand même beaucoup. C’est juste pour dire, en 2009, pour la France, lorsque tu avais un diplôme du cycle supérieur, par exemple,  Bac + 5, si tu étais une femme tu avais un rendement de moins 4000 dollars sur toute ta vie. Il était moins rentable de passer un Bac + 5 que de n’avoir pas de diplôme parce qu’il prenait en compte ce coût d’opportunité et au delà de ce coût d’opportunité du temps passé, Caroline, elle, a payé 19 000 Euros ses études de commerce qu’elle a dû rembourser sur un salaire de 1500 Euros brut, tu imagines le temps qu’il faut. Tout cela rend le coût du diplôme excessif et là, en l’occurrence, elle a sans doute perdue beaucoup d’argent en faisant un Bac +5 plutôt qu’un Bac +2.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : dans ton livre j’ai vu qu’il y avait beaucoup de références pratiques, très techniques et des graphiques sur ces sujets là, c’est vraiment intéressant et, nous qui nous intéressons beaucoup aux enfants jusqu’au BAC et même aux jeunes adolescents, ça donne des perspectives pour se dire ” ce n’est pas parce que ça ne marche pas à l’école, c’est simplement qu’il ne va pas y arriver, ça ouvre des voies”. Il y a d’autres perspectives, ça ouvre des voies et c’est ce que je trouve vraiment intéressant. Juste pour terminer et pour parler de l’entreprenariat, parce que ça ouvre vers l’entreprenariat, je constate autour de nous, que nous connaissons beaucoup de chefs d’entreprise et nombreux sont ceux qui n’ont pas de diplôme effectivement ou qui ont des niveaux d’étude très bas et on a l’impression qu’ils gagnent très bien leur vie et en plus ils ont quelque chose que nous, qui avons passé des diplômes, n’avons pas, c’est la confiance en soi. Ils ont une confiance en eux qui est extraordinaire. Y a t-il une relation, comment ça se fait ? D’un côté il y a des gens qui passent des diplômes et on a l’impression qu’ils sont en dedans, ils manquent de confiance en eux et de punch et puis des gens qui se sont fait par eux-mêmes et qui, eux, sont près à tout casser.

Olivier Roland : c’est un vaste sujet. J’ai des chiffres précis qui montrent que, lorsqu’on regarde les milliardaires américains, pour la très grande majorité d’entre eux, ils sont riches non pas parce qu’ils ont hérités mais parce qu’ils ont construits des boîtes à partir de zéro.  Il y en a 32 %  d’entre eux qui n’ont aucun diplôme du cycle supérieur. C’est énorme. Ensuite c’est surtout des ingénieurs en fait. Un tiers des milliardaires ce n’est pas rien. J’aimerais trouver des études, je n’ai pas poussé plus loin, mais il faudrait regarder quels sont les  diplômes des milliardaires. Je pense qu’il y a vraiment quelque chose à creuser à ce niveau et c’est vrai que on connaît tout des entrepreneurs qui ont beaucoup de succès et qui ont, en termes d’études, pas fait grand chose. Il suffit de regarder tous les grands succès des nouvelles technologies, Steve Jobs, il n’avait rien, Bill Gates était dans une école prestigieuse mais il a arrêté ses études en cours de route parce qu’il voulait s’occuper de Microsoft, pareil pour les fondateurs de Google. On pourrait donner beaucoup d’exemples. Sur la confiance en soi je pense que, il n’y a rien de tel que de se lancer dans un projet qui te tient à cœur, qui te dépasse, qui te fait sortir de ta zone de confort et que tu réussis pour te donner beaucoup de confiance en soi et que parce que tu as une sorte  de sélection naturelle. Ceux qui n’ont pas confiance en eux soit ils apprennent à avoir confiance en eux soit c’est compliqué d’aller très loin. Je peux te donner mon expérience : j’ai déménagé il y a un peu plus d’un an et je me suis débarrassé de 95 % de mes possessions. Je suis tombé sur un vieux carnet de correspondance de ma dernière année d’école. Il y avait des coupons de retard, des coupons d’absence maladie. Il n’y avait plus aucun coupon retard dans ce carnet de correspondance. Je les avais tous utilisés ainsi que plus de la moitié des coupons maladie. Quand je les ai vus je me suis rappelé que j’étais tellement démotivé à l’époque qu’il suffisait du moindre prétexte pour ne pas aller à l école. J’avais un rhume : pendant 2 jours je n’étais pas là. Le directeur m’avait convoqué et m’avait dit ” Olivier il faut qu’on parle, il faut que je te dise que tu es tellement démotivé que tu démotives les profs“. J’avais atteint un niveau exceptionnel, j’étais devenu un méga découragé c’est à dire que je décourageais les autres rien qu’en me regardant. C’est vrai. J’étais affalé sur la table et je dormais en cours et quelques mois plus tard j’étais dans mon projet d’entreprise et là j’étais inarrêtable, j’avais le feu sacré. Pourtant entre le Olivier qui était affalé sur sa table, qui décourageait les profs, et le Olivier ultra motivé, c’était la même personne. Il n’y avait que quelques mois d’écart. Alors qu’est ce qui a fait la différence ? C’est que je me suis lancé dans un projet qui m’a passionné, qui me tenait à cœur dans lequel j’avais l’impression de me réaliser et qui me challengeait et que je voulais absolument, absolument réussir. J’étais quelqu’un de timide, d’asocial, adolescent boutonneux, mal dans sa peau, mal habillé, j’étais un cancre, je dormais sur le bureau et pourtant j’ai réussi à créer ma boîte un an plus tard parce que j’avais le feu sacré. C’est l’idée de se lancer dans un projet qui nous tient vraiment à cœur, ça peut te donner des ailes incroyables. Ce message il faut le faire passer. Si aujourd’hui vous êtes un peu apathiques ou même carrément désespérés, que ce soit à l’école ou dans votre job, rien n’est perdu. Si vous vous lancez dans un projet qui vous tient vraiment à cœur ça peut vous transformer ça peut vous révéler à vous mêmes. Tu m’aurais vu dans la salle de classe à l’époque, affalé sur ma table, tu n’aurais sans doute pas parié un centime sur moi. Tu aurais cru que j’allais finir ma vie en SDF ou avec un métier pas très glorieux et pourtant j’avais tout ce potentiel en moi. C’est juste que je n’avais pas encore trouvé ce qui allait allumer la flamme en moi. C’est ça l’idée aussi et c’est sur quoi l’école n’insiste pas assez. On t’enseigne des trucs parce que c’est obligatoire et que tout le monde doit le savoir. On ne se pose jamais la question sur ce qui vous plait, sur quelque chose qui vous passionne, qui vous met le feu. Si tu fais ça, ça peut vraiment transformer une personne.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : merci et bravo pour ce témoignage intéressant pour les enfants qui sont à l’école, au lycée. Toi tu n’as pas d’enfant pour l’instant, je crois Olivier ?

Olivier Roland : non pas encore.

PARENTS HEUREUX ENFANTS HEUREUX : tu seras bien préparé lorsque le moment sera venu. C’est super. En tous cas merci pour ce témoignage, merci pour le livre que je recommande chaudement et qui va donner un éclairage nouveau dans le monde de la parentalité positive. Il est vraiment intéressant d’avoir des entrepreneurs qui nous parlent de l’école et pas seulement des parents qui nous parlent de l’école. A très bientôt.

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